On a fait des chansons
De toutes les manières
Sur les joyeux garçons,
Les guerriers, les bergers.
Pour ne pas répéter
Une chose ennuyeuse,
Amis, je vais chanter
Les maçons de la Creuse.

Quand revient le printemps,
Ils quittent leur chaumières,
Laissant leurs grands-parents,
Leurs enfants et leur mère.
Cachant leur désespoir,
Les filles amoureuses,
S’en vont dire « au revoir »,
Aux maçons de la Creuse.

Les voilà tous partis,
Pour faire leur campagne,
On les voit à Paris,
En Bourgogne en Champagne,
Ils vont porter ailleurs,
Leur vie aventureuse,
Ce sont des travailleurs,
Les maçons de la Creuse.

Tous les chemins de fer
Qui traversent la France,
Et tous les ports de mer,
Ont connu leur souffrance,
Les canaux et les ponts,
De la Seine à la Meuse,
Pourraient citer les noms
Des maçons de la Creuse.

Voyez le Panthéon,
Voyez les Tuileries,
Le Louvre et l’Odéon,
Notre-Dame jolie,
De tous ces monuments,
La France est orgueilleuse,
Elle en doit l’agrément,
Aux maçons de la Creuse.

Au retour de l’hiver,
Ils sont près de leurs belles,
Les souffrances d’hier,
S’oublient vite près d’elles,
Et toute une saison,
Les filles sont joyeuses,
D’avoir à la maison,
Un maçon de la Creuse.

L’auteur de la chanson,
N’est pas un grand poète,
C’est un garçon maçon,
Buvant sa chopinette,
Sans envier autrui,
Sa vie s’écoule heureuse,
Ils sont tous comme lui,
Les maçons de la Creuse.

Jean Petit, Chanson des maçons de la Creuse

L’œuvre et le territoire

Attribuée au maçon Jean Petit, dit Jan dau Boueix, cette chanson, dont il existe de nombreuses versions et qui est évoquée par Martin Nadaud dans ses Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon, est parfois considérée comme étant l’hymne des Creusois. Très populaire parmi les Limousins exilés à Paris notamment, elle a été reprise et interprétée de nombreuses fois, notamment par Martin Cayla et Jean Ségurel, auxquels elle est parfois abusivement attribuée.

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