Ceux des champs

Bertrand Dunoyer, Ceux des champs, 1952.
Restauré par les Archives françaises du film du CNC – Ministère de la Culture.

Ciné-Archives, fonds audiovisuel du PCF - Mouvement ouvrier et démocratique

2 œuvres

L’œuvre et le territoire

Ceux des champs présente l’action de paysans limousins insatisfaits du prix de vente de leur bétail. Après l’introduction montrant la dureté de la vie paysanne et des travaux des champs, Bertrand Dunoyer s’attarde sur la foire de Saint-Léonard-de-Noblat où les maquignons profitent de l’abondance des bêtes et de la faiblesse des prix pour imposer aux éleveurs des prix bas et n’hésitent pas à leur forcer la main au moment de toper. La voix off « reproduit » leurs échanges et insiste également sur ce que prélèvent l’État et les bouchers.
Face à cette situation, les éleveurs peuvent se tourner vers le député communiste du département, « un homme qui vous écoute et qui explique le mécanisme des choses, un homme du pays ». Surtout, ils vont multiplier les rencontres et les réunions et décider d’une action commune. S’ensuivent alors la mise en place de barrages et le déversement de fumier, et l’intervention particulièrement maladroite des CRS.

Filmé dans un département rural à forte tradition communiste et destiné au monde paysan, Ceux des champs, fort bien réalisé et efficacement construit, au commentaire souvent littéraire, semble atteindre certains des buts généralement visés par la propagande communiste : participation effective des paysans à des scènes majoritairement reconstituées, linéarité du récit, fin positive, valorisation de l’action collective, des élus et de la presse communistes (La Terre), dénonciation de la radio gouvernementale...
Ceux des champs témoigne de l’implantation du parti communiste français dans certaines couches de la petite paysannerie française.

(Ciné-Archives)