https://vimeo.com/230901795
Captation réalisée par Françoise Étay le 12 juillet 2009 à Saint-Privat (Corrèze).
© Françoise Étay et al.

L’œuvre et le territoire

Nous voici en Xaintrie, aux confins du Limousin et de l’Auvergne. Il n’y a en fait que là qu’on ait des témoignages de pratiques de bourrées latérales limitées à 2 hommes. Partout, sur la vaste zone des bourrées de ce type, correspondant, en gros, au Plateau de Millevaches et à ses abords, la bourrée se dansait, à l’époque des collectes, à 4, 4 hommes à l’ouest et souvent 2 hommes et 2 femmes plus à l’est. La découpe de la danse en deux figures, rappelle ici très clairement l’Auvergne, même si le rapport entretenu avec les phrases musicales est élastique. On remarque les beaux frappés du danseur au pantalon sombre.

Françoise Étay, 2017.

Cette ressemblance avec les pratiques de danse propres à l’Auvergne toute proche met en évidence la difficulté de parler d’un type chorégraphique qui serait proprement limousin. Les traditions, leur esprit, leurs ressemblances mutuelles, méconnaissent largement les limites administratives, et notamment en Xaintrie, séparée du reste du Limousin par la vallée de la Dordogne.

Dans La Revue limousine en 1927, Louis de Nussac vantait la prétendue supériorité esthétique de la bourrée limousine — se dansant à quatre — sur sa voisine auvergnate, se pratiquant en duo.

L’occasion nous sera-t-elle donnée, un jour, d’applaudir des danseurs auvergnats et limousins, simultanément ? Quelle agréable façon ce serait, pour les amateurs de chorégraphie pittoresque, de se faire une opinion sur les mérites des différentes formes de la bourrée, bien indivis entre le Limousin et l’Auvergne !

Louis de Nussac, « À propos de la bourrée », La Revue limousine, 20 mai 1927.

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