Bernard de Ventadour

Bernard de Ventadour
Enluminure : Wikimedia commons

À propos

Bernard de Ventadour, en occitan Bernat de Ventadorn, né vers 1125 à Ventadour, en Haute-Corrèze, est l’un des plus célèbres troubadours du XIIe siècle.

Né d’une famille humble attachée au château de Ventadour (aujourd’hui Moustier-Ventadour), il fut instruit chez les moines du Moustier. Son seigneur Eble II Lo Cantador l’initia dans l’art de la composition lyrique dite trobar poétique et musicale. Après sa mort, son fils Eble III épouse Marguerite de Turenne, veuve du vicomte Guy de Limoges. C’est alors que commence le cycle lyrique ventadorien.
En effet, par ses chants, Bernard courtise Marguerite et obtient d’elle des faveurs, concrètes ou symboliques, dont la légende rapporte qu’elles indisposent Eble et provoque leur séparation.

Les chansons de Bernard, colportées par des jongleurs, l’ont rendu célèbre. Il quitte Ventadour dont il emporte le nom, gagne Poitiers et séjourne en diverses cours de France, Aquitaine ou Italie, puis auprès de Raimon V de Toulouse jusqu’en 1194.
Il finit par rejoindre l’ordre de l’abbaye de Dalon et y achève sa vie vers 1195.

De son œuvre, quarante-quatre manuscrits de chansons nous sont parvenus, dont dix-huit avec leur mélodie ; quatre auraient été composées à Ventadour. Toutes chantent l’amour, dont il fait la source même de son talent : Ce n’est pas merveille si je chante mieux que tout autre chanteur car j’ai le cœur plus tendu vers l’amour et mieux soumis à son commandement. L’harmonie formelle et la sensibilité intense de ses vers le font considérer comme l’un des maîtres de la poésie lyrique occidentale.

Œuvres liées

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  • Sol lo be que-m prezenta :
    Sos bels olhs e-l franc vis,
    Que ja plus no-m cossenta,
    Me deu aver conquis.
    No sai per que-us en menta,
    Car de re no n…

    Bernard de Ventadour, Chanson (Les grâces qu’elle m’offre...)
    Les Troubadours : l’œuvre poétique, Desclée de Brouwer, 2000, p. 82-83.