Paysages insoumis Bataille

21 juillet 2007

18 juillet 1944
Le mont Gargan, Saint-Gilles-les-Forêts, Haute-Vienne.

© Thierry Girard
Thierry Girard, Paysages insoumis (Bataille)
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

Du 18 au 24 juillet 1944, la bataille du mont Gargan opposa les Allemands aux maquis du mont Gargan commandés par Georges Guingouin. Les Francs-tireurs et partisans de Guingouin, renforcés par des gardes mobiles passés à la Résistance, affrontent des unités allemandes fortes de deux à trois mille hommes. De violents combats se déroulent le 18 juillet sur le mont Gargan qui domine la contrée du haut de ses 731 mètres. Cependant, en fin d’après-midi, face aux armes lourdes allemandes et au pilonnage des obus qui a incendié la lande, la position du mont Gargan tombe...

Cette bataille est la plus sévère livrée par les hommes de Guingouin qui, au prix de 38 tués, 54 blessés et 5 disparus, ont réussi à freiner l’avance ennemie et à sauver le matériel parachuté, mais n’ont pu, malgré leur courage et leur combativité, interdire la conquête du terrain face à une armée régulière. Pourtant, cette dernière n’a pas été en mesure de disloquer le maquis, et elle se retire, dès le 24, au bout de quelques jours de vains ratissages. De fait, cette bataille du mont Gargan est considérée comme une victoire des maquisards et célébrée comme telle chaque année.

(Thierry Girard)

À propos de Paysages insoumis

En 2002-2003, alors qu’il travaille à un projet autour de Vassivière, Les Cinq Voies de Vassivière, Thierry Girard est frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l’histoire et de la culture du Limousin.

Ainsi, entre 2007 et 2009, il va arpenter cette région et ses départements limitrophes pour photographier ces « lieux et paysages liés à l’esprit de rébellion : révoltes paysannes, émeutes ouvrières, résistance etc. ».

Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l’histoire de ces régions : les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d’exil ou de migration de populations chassées par la nécessité.

Son travail s’est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste a laissé une empreinte. Le paysage semble le plus souvent indifférent, souvent silencieux par rapport à son histoire mais tout le talent était de faire sourdre à la surface de l’image cette charge du passé. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l’événement historique qui s’y ait déroulé.

(éditions Loco)

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