Paysages insoumis Barricade

10 mai 2007

17 avril 1905
Rue de la Mauvendière, Limoges, Haute-Vienne.

© Thierry Girard
Thierry Girard, Paysages insoumis (Barricade)
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

À la suite d’une série de grèves à répétition dans l’industrie porcelainière, le patronat décide le lock-out, c’est-à-dire la fermeture des usines, le 13 avril 1905, jetant par là-même près de 100000 personnes dans la rue. Les manifestations se succèdent et trouvent leur point culminant le 17 avril lorsque quatre ouvriers sont arrêtés et emmenés en prison. Devant la foule en colère, l’armée intervient et la manifestation vire à l’émeute. Les ouvriers se réfugient derrière des barricades, élevées pour certaines depuis le 15 avril, mais elles sont démantelées pendant la nuit. L’émeute tourne à la tragédie avec le décès d’un ouvrier porcelainier lors de la fusillade du Champ de Foire. Ainsi se termine le printemps rouge de 1905 qui, malgré l’échec du mouvement ouvrier, reste dans la mémoire limousine comme une période hautement symbolique, voire mythique, de la révolte ouvrière.

(Thierry Girard)

À propos de Paysages insoumis

En 2002-2003, alors qu’il travaille à un projet autour de Vassivière, Les Cinq Voies de Vassivière, Thierry Girard est frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l’histoire et de la culture du Limousin.

Ainsi, entre 2007 et 2009, il va arpenter cette région et ses départements limitrophes pour photographier ces « lieux et paysages liés à l’esprit de rébellion : révoltes paysannes, émeutes ouvrières, résistance etc. ».

Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l’histoire de ces régions : les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d’exil ou de migration de populations chassées par la nécessité.

Son travail s’est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste a laissé une empreinte. Le paysage semble le plus souvent indifférent, souvent silencieux par rapport à son histoire mais tout le talent était de faire sourdre à la surface de l’image cette charge du passé. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l’événement historique qui s’y ait déroulé.

(éditions Loco)

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