Barrage de l’Aigle

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Le barrage de l’Aigle de face
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L’œuvre et le territoire

Le barrage de l’Aigle, aussi appelé barrage de la Résistance, produit de l’énergie hydroélectrique à partir des eaux de la Dordogne.
Bien que le projet de barrage soit déposé dès 1929, ce n’est qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale que l’essentiel de la construction se fait, valant à ce barrage de devenir un symbole et d’y gagner également le nom de « barrage de la Résistance ». En effet, des ouvriers, pour un tiers des étrangers d’une trentaine de nationalités différentes, y étaient venus pour chercher du travail mais aussi se cacher, tels des Français réfractaires au STO ou des Résistants.
Toute la difficulté de cette construction en période de guerre a été de poursuivre les travaux tout en ne permettant pas au barrage d’être capable de produire, pour ne pas servir les intérêts allemands, mais aussi d’être prêt pour anticiper sur l’après-guerre et la croissance de l’industrie française.
Même son nom, barrage de l’Aigle, allusion aux aigles qui nichaient au-dessus du barrage sur les rochers, se veut porteur d’un mythe.

Le barrage est de type poids-voûte. Une route passe sur l’ouvrage de forme semi-cylindrique, de 150 m de rayon, pour une longueur du couronnement de 289 m et une largeur de 5,5 m. L’édifice a une hauteur de 92 m, dont 8 m pour les fondations qui font 47,50 m de large. La retenue, longue de 25 kilomètres, a une capacité de 220 millions de mètres cubes sur une superficie de 750 hectares.

Le barrage est une grande réussite architecturale et ce, d’autant plus qu’il a fallu, en pleine période d’Occupation, résoudre des problèmes importants tels la pénurie des fournitures, le manque de main-d’œuvre qualifiée, les contrôles de l’armée allemande et du gouvernement de Vichy.

Le volume du béton nécessaire s’élève à 350000 mètres cubes ; 500000 mètres cubes de granulats ont été extraits de deux ballastières et acheminés par rail puis par téléphérique ; deux usines de béton, une sur chaque rive, ont été nécessaires ; 85000 tonnes de ciment sont livrées par rail puis conduites dans des camions jusqu’aux usines ; les armatures d’acier sont issues de diverses provenances comme de stocks prévus pour une usine d’armement du Lot ou d’autres pour le mur de l’Atlantique à Bordeaux.
Du fait de la pénurie, les coffrages métalliques ont été délaissés au profit du bois et du contreplaqué.

L’usine se localise au pied du barrage. Deux déversoirs de crue, ou vannes segment, en « saut de ski », équipés chacun de deux pertuis, chapeautent l’ensemble et peuvent projeter près de 4000 mètres cubes seconde à plus de 50 m du bâtiment. La forme hélicoïdale du tronçon terminal des déversoirs permet une dispersion maximale du flot.

L’usine hydroélectrique est de forme semi-circulaire. Elle abrite quatre groupes principaux disposés en arc de cercle et équipés de turbine Francis à axe vertical. En 1982, un cinquième groupe principal avec une turbine Francis a été rajouté et localisé dans un petit bâtiment construit sur la rive droite en contrebas de l’usine.

Le barrage a été inauguré le 15 octobre 1945 avec mise en fonctionnement du groupe quatre ; le groupe trois l’a été en 1947, le groupe deux en 1950 et le groupe un en 1956.

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