Châlucet ou le pouvoir des rêves Ayant fait son rapport...

Pierre-Jean Baranger, Châlucet ou le pouvoir des rêves, Les Ardents Éditeurs, 2016, p. 75-77.

© Les Ardents éditeurs

Ayant fait son rapport au vicomte de Limoges, à son oncle et au comte de Maulmont, Bernard de Jaunhac revenait en ce jour vers Châlucet et ses terres giboyeuses.
[...]
Il sentit la joie monter dans sa poitrine à l’idée de retrouver ses compagnons. Tout en longeant la rivière Bréance, il prit le temps de redécouvrir chaque pouce de son domaine. Il s’était langui de ces lieux, de ces mélanges de bois et d’eau. Son Limousin avait plus de charme que les landes du Poitou : des eaux dormantes, des marécages où le regard portait loin jusqu’à l’horizon annonçant les plaines maritimes. Ici, ce paysage de collines, c’était chez lui.
[...]
Bernard respira à pleins poumons l’air chargé des senteurs de la rivière. C’était une région aux terres fertiles et belles épargnées par les famines durant ces dernières années. Le bas castrum s’était vu adjoindre un second château, œuvre de la riche famille des Maulmont. La place n’en était que plus puissante, plus impressionnante encore, verrouillant la principale voie de communication entre le sud et le Limousin, entre les marches de France et l’Aquitaine. Nombreux étaient ceux qui jugeaient par avance la forteresse indestructible ! Tout regard qui se poserait sur ces fières murailles ne s’interrogerait même pas sur la possibilité de les contraindre ! Telle une excroissance de pierre enfantée du rocher, elle serait pour toujours inexpugnable.
C’est au détour de la dernière colline, que Bernard vit enfin se profiler au loin, les murailles altières du château.
Lorsque la flèche passa, dans un vrombissement sinistre, au ras de l’encolure de son cheval, Bernard n’eut pas le temps d’avoir peur et comprit qu’il lui faudrait encore un peu de patience avant de pousser la porte de sa demeure. Il tourna bride, lançant sa monture au galop. Il avait compté une bonne douzaine de cavaliers qui venaient de s’élancer à sa poursuite.

Pierre-Jean Baranger, Châlucet ou le pouvoir des rêves (Ayant fait son rapport...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

En 1181, le chevalier Bernard de Jaunhac revient en ses terres du château de Châlucet lorsqu’il est attaqué par une bande de cavaliers...

À propos de Châlucet ou le pouvoir des rêves

An de grâce 1181. Aux marges de l’Aquitaine…
Les seigneurs limousins, mécontents de la domination des Plantagenêts, décident de se ranger derrière le roi de France. Des routiers à la solde des Anglais sèment la terreur autour de Limoges, ruinant les campagnes et menaçant nombre de châteaux, dont la célèbre forteresse de Châlucet.
Tentant de rallier les seigneurs à ce qui semble être les prémices d’une guerre, le chevalier Bernard de Jaunhac se rend au château de Bonneval. Il tombe alors sous le charme d’Isabeau, la fille du marquis. Mystérieusement, les bagues qu’ils possèdent l’un et l’autre entrent en résonance !

De nos jours… dans un lycée de Limoges.
Comme « possédé », le jeune Hugo Bardent se met à parler en langue médiévale en plein cours d’histoire ! Son professeur, Antoine Dentraille, est d’autant plus intrigué que le garçon répète à plusieurs reprises une phrase en latin, Circuli generat lucem : « Le cercle engendre la lumière. » Or cette formule énigmatique est exactement celle découverte par Antoine quelques années auparavant lors d’un chantier de fouilles en plein cœur du désert syrien !

Des premières intrusions barbares dans l’Empire romain jusqu’aux croisades, du Proche-Orient aux confins de l’Aquitaine médiévale, Hugo, par la force de ses rêves, se retrouve impliqué dans une quête l’amenant à découvrir les pouvoirs magiques de deux bagues qui ont traversé les âges et le temps.

(Les Ardents Éditeurs)

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