Little Bighorn Au Café de la Poste

Joël Nivard, Little Bighorn, Geste éditions, 2015, p. 36-37.

© La Geste

La terrasse peu à peu se vide. Les derniers crépitements des appareils photo immortalisent le soleil qui descend sur les ardoises mangées de mousses du clocher de la Collégiale qu’on aperçoit à deux rues de là.
Le premier à partir, c’est Raymond, l’instituteur, qui lance un :
— Allez, les gars, au mois prochain pour l’entraînement !
Qui se veut joyeux.
Les derniers touristes regagnent leur voiture ou leur car. Les commentaires se font à voix basse, par petits groupes isolés. La cohésion du groupe en a pris un coup. L’équipe a du plomb dans l’aile. Et personne ne parvient à se défaire de cette chape.
Armande débarrasse la terrasse et Louis en profite pour se mettre un nouveau verre de vin vite fait. Dehors la douceur se glisse sur les capots surchauffés des voitures et on peut entendre de nouveau le gargouillis des trois monstres de la fontaine Robert-Lapayrière recrachant leur eau. Il fait doux. Maintenant.
Les oiseaux ont le bec dans la dernière suée de jour qui glisse dans le ciel vide.
Le Dorat retrouve son visage habituel, celui d’un village paisible qui, comme la lumière du soleil, peu à peu se referme sur lui-même.

Joël Nivard, Little Bighorn (Le Café de la Poste)
© La Geste

L’œuvre et le territoire

Le Café de la Poste, à deux pas de la collégiale du Dorat, est un bar convivial qui rythme la vie de la petite ville. De l’équipe de foot locale qui vient se consoler après une défaite à l’irremplaçable Camarade qui « n’a jamais pas soif », tous les habitants passent au Café de la Poste.

À propos de Little Bighorn

Ce thriller nous entraine une nouvelle fois en Limousin et plus précisément dans le Haut-Limousin qui ne sied à personne. Lucille, jeune femme de dix-sept ans, est contrainte de retourner au Dorat, petite ville où elle est née et qu’elle déteste. L’adjudant-chef de gendarmerie Martinez, quant à lui, ne supporte ni le climat ni le paysage du Haut-Limousin dans lequel il ne parvient pas à s’intégrer, encore hanté par des images et des histoires du passé.
Toutefois, le territoire regorge de personnages hauts en couleur comme Camarade, l’immigré parisien à la langue bien pendue, et Cheyenne, le premier homme à regarder Lucille autrement.
Little Bighorn, un été en Limousin, par son titre, fait également référence à la bataille de Little Bighorn qui a eu lieu le 25 juin 1876 dans le territoire du Montana aux États-Unis.

Localisation

Également dans Little Bighorn