Armand Guillaumin

Armand Guillaumin, Autoportrait au chevalet (1878)
Collection : musée Van Gogh, Amsterdam.
Photo : Wikimedia

À propos

Armand Guillaumin nait en 1841 à Paris mais grandit à Moulin, dans l’Allier. C’est à l’âge de seize ans que le jeune Armand retrouve Paris en allant travailler chez un oncle commerçant. En même temps il entreprend des cours de dessin. Comprenant qu’il n’est pas fait pour le négoce, il quitte le commerce pour rejoindre la compagnie des chemins de fer d’Orléans. Ce nouveau travail lui laisse davantage de temps libre et il en profite pour s’inscrire aux cours du soir de l’Académie suisse de Paris. Il rencontre alors Pissarro et Cézanne avec qui il se lie d’amitié.

Armand Guillaumin expose chez Nadar, aux côtés des impressionnistes, à partir de 1874. En 1891, sa vie change profondément lorsqu’il obtient une prime de cent mille francs de la part du Crédit Foncier. C’est le début d’une période de voyages tant mérités ; il parcourt la Bretagne, l’Auvergne, la Charente, et le Midi mais c’est en Creuse qu’il s’ancre profondément en 1893. Il s’attache particulièrement au site de Crozant où il deviendra l’un des membres majeurs d’un foyer artistique nommé aujourd’hui École de Crozant.
Au début de sa carrière, Armand Guillaumin est vu comme un peintre coloriste à outrance. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il obtient la reconnaissance qui lui est due auprès des marchands et des amateurs. Bien qu’arrivé tardivement dans un impressionnisme déjà bien accompli, Armand Guillaumin a su affirmer sa propre peinture et l’excès de couleur qu’on lui a tant reproché connaîtra bientôt son apogée avec l’arrivée du fauvisme.

Armand Guillaumin passe la fin de sa vie en Creuse, à peindre sur le motif entre Crozant et Fresselines. Albert Geoffroy, auteur de Huit jours à Crozant, en fait la rencontre à l’automne 1901, et nous le décrit par ces quelques lignes :

A la hauteur du moulin Bouchardon, sur l’autre rive, un peintre, la tête ombragée par un large béret, travaillait debout devant son chevalet : « Monsieur Guillaumin, me dit Jeannot, un artiste d’une incontestable valeur et d’un grand mérite, le doyen de la colonie ; vous le verrez ce soir chez Madame Lépinat : c’est notre commensal. » M. Guillaumin nous rend gracieusement notre salut et nous lui souhaitons bon courage. Puis, quelques cent mètres plus loin, nous arrivons au moulin de la Folie. [...]
C’est pendant cet après-midi de la Toussaint que nous allâmes rendre visite à M. Guillaumin et le prier de nous montrer ses études. La maison qu’il habite est située à l’entrée du village, à 800 mètres environ de l’hôtel Lépinat. Cette distance ne l’épouvante pas car il monte à bicyclette comme un jeune homme, bien que sa barbe commence à grisonner. « Voulez-vous passer à l’atelier, nous dit de suite avec une grâce parfaite cet aimable artiste, je vous montrerai ce que j’ai ici. » Nous le suivîmes et nous pûmes admirer à notre aise cette peinture où la sincérité de la lumière est traduite par une formule si personnelle et avec laquelle on s’identifie volontiers.
M. Guillaumin est en pleine voie de succès ; longtemps il a dû lutter contre les critiques. C’est un convaincu ; il travaille avec passion, se levant avec le jour pour saisir le charme pénétrant du givre matinal. Habitué de Crozant, il sait interpréter les décors de ce pittoresque pays et en rendre la lumière, les reflets et les valeurs. Nous passâmes chez lui quelques instants délicieux, et c’est bien sincèrement que nous remerciâmes notre aimable doyen du plaisir qu’il nous avait procuré.

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