Oradour-sur-Glane : Notre village assassiné Après la place de l’église...

André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane : notre village assassiné, Les Chemins de la Mémoire, 2003, p. 37.

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Après la place de l’église, nous descendîmes à la Glane par la route Napoléon. Avant la construction du pont, ce n’était qu’un chemin que les voyageurs empruntaient pour traverser à gué la rivière. Juste avant celle-ci, sur notre gauche, se dressait une imposante bâtisse de style limousin, dans son cadre de verdure. Mme Desroches, assise sur une chaise, cousait à l’ombre fraîche d’un arbre gigantesque. Son mari jardinait. Derrière elle, la lourde et sombre silhouette du moulin, seulement utilisé en automne pour la fabrication du cidre, s’harmonisait divinement avec la limpidité cristalline de l’eau. Nous franchîmes la passerelle pour gagner l’îlot, notre coin de pêche préféré. À cet endroit, la Glane s’élargit dans une courbe franche au milieu de laquelle une petite langue de terre ombragée par de grands arbres centenaires appelait au farniente.

André Désourteaux, Robert Hébras, Oradour-sur-Glane : Notre village assassiné (Après la place de l’église...)
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À propos de Oradour-sur-Glane : Notre village assassiné

Pour les milliers de visiteurs qui découvrent ses ruines, Oradour-sur-Glane restera l’image figée de la mort, de l’horreur absolue des guerres, quand l’homme s’abandonne sans remords à la sauvagerie de sa haine.
Pour Robert Hébras et André Desourteaux, qui ont perdu dans ce drame quasiment tous les leurs, Oradour-sur-Glane veut malgré tout rester le village vivant de leur enfance et de leur adolescence.
Dans ces pages, Robert Hébras, rescapé du massacre, retrouve les visages familiers, les souvenirs les plus intimes, les soucis de chaque jour et les fêtes d’un temps perdu à jamais, et retrace, heure par heure, minute par minute, cette journée du 10 juin 1944 qui a fait basculer dans l’éternité tragique ce paisible village limousin.
Tous deux essaient de comprendre, enfin, ce qui s’est passé, et le pourquoi de ces 644 victimes dont les bourreaux ne furent jamais punis.

(Les Chemins de la Mémoire)

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