Antoine Coudert

Marie-Françoise Gréminger, Antoine Coudert, Gallimard, 2005.

© Éditions Gallimard
Tous les droits d’auteur de cette œuvre sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de l’œuvre autre que la consultation individuelle et privée est interdite.

La rivière est calme à cet endroit. Peu profonde et bordée de larges berges, elle permet aux lavandières un accès facile pour les brouettes chargées de la laine des moutons. Elles sont une dizaine à laver ainsi les toisons imprégnées de suint, qu’elles mettent ensuite à sécher sur les pierres qui jalonnent le cours d’eau.

Parmi ces femmes, Antoine aperçoit la jeune fille. Alors il ose.

Expliquant ses intentions par quelques gestes, il se décharge de son fardeau. Pose au sol la boîte qu’il portait en bandoulière, cale le trépied et installe l’appareil qu’il a déplié.

Les femmes ont interrompu leur travail et toutes les regardent. Antoine leur fait signe de continuer, mais la jeune fille n’obéit pas. Elle se tient de profil et regarde la rivière.

L’image est dans la boîte.

Antoine formule de vagues remerciements, et range son matériel avec précaution ; la précieuse plaque de verre ne doit pas voir le jour.

Marie-Françoise Gréminger, Antoine Coudert (La rivière est calme...)
© Éditions Gallimard
Tous les droits d’auteur de cette œuvre sont réservés. Sauf autorisation, toute utilisation de l’œuvre autre que la consultation individuelle et privée est interdite.

L’œuvre et le territoire

Le récit est basé sur les quelques éléments connus de la vie d’Antoine Coudert et sur les images qui nous sont parvenus de ce photographe hors du commun.

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