Antoine Coudert

À propos

La découverte imprévue dans un grenier d’Aix-La Marsalouse en 1985 d’une centaine de plaques photographiques d’Antoine Coudert permet alors de redécouvrir ce personnage étrange, voleur de visages (et d’âmes ?) qui arpenta le plateau son appareil photographique sur le dos.

Antoine Coudert est né en 1866 à Aix-La Marsalouse sur le canton d’Eygurande en Haute-Corrèze. Son père est inconnu et sa mère une fille de ferme que l’on disait « innocente » et surnommée « Marie la toquée ». Sa mère accouche seule dans une grange, d’un enfant affligé par un pied-bot. De sa jeunesse nous ne savons que peu de choses.

Il semblerait qu’Antoine Coudert ait pu se procurer son appareil, ses plaques et ses produits grâce à un petit héritage dont bénéficia sa mère. Dès lors il devint un photographe itinérant, arpentant les campagnes et montagnes du Limousin ou de l’Auvergne, ses plaques de verre sur le dos, afin d’immortaliser quelques personnages dans leur décor quotidien. Il photographiait des couples ou des familles devant la porte de leur maison, mais il était aussi appelé pour des communions, des mariages, des photos de classe, des fêtes... Il aimait à photographier les paysans car il était profondément des leurs. Ses compositions étaient simples, sans aucune mise en scène, à la façon des cartes postales, afin de retranscrire au mieux la réalité d’une époque et du monde qui l’entoure.
L’artiste se déplaçait à pied, car il n’avait pas de quoi se payer le train. Il logeait principalement chez les instituteurs où il trouvait à lire le journal.

Antoine Coudert est retrouvé mort à l’âge de 44 ans. Il s’est suicidé en buvant son révélateur, probablement du ferricyanure de potassium, après l’avoir expérimenté sur des crapauds. La cause de cet acte est probablement la solitude, le photographe, vivant seul à l’écart du village, ayant un jour avoué à une de ses voisines que s’il ne trouvait pas à se marier, il se détruirait.

Régine Malveau et Jean-Marc Nicita, des Archives départementales de la Corrèze, ont enquêté pendant plusieurs mois pour documenter ces images et la vie de ce personnage hors du commun, qui a d’ailleurs inspiré Richard Millet pour l’écriture de L’Art du bref (L’Arpenteur, 2006) ou encore Marie-Françoise Gréminger qui signe un Antoine Coudert (Gallimard, 2005).

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