André Gill par Nadar (1910)
André Gill par Nadar (1910).
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À propos

Une enfance pauvre et triste, une jeunesse orageuse tourmentée par une âpre lutte contre la misère, quelques années d’un succès bruyant mélangé d’inquiétudes, un âge mûr troublé par toutes les ambitions et tous les déboires et, finalement, le découragement et la folie, voilà en résumé, la vie d’un des plus joyeux caricaturistes de notre époque.

C’est ainsi qu’Armand Lods et Véga débutent leur biographie d’André Gill, né Louis-Alexandre Gosset de Guines le 17 octobre 1840. Si son talent est remarqué au sein des différents ateliers (de dessin, d’architecture, de peinture) où il se forme et s’il voit ses premiers dessins publiés dès 1859, André Gill est pleinement reconnu au début de la décennie suivante, grâce aux journaux Le Hanneton et La Lune, caricaturant hommes politiques et artistes, développant un genre propre :

Après avoir imité ses prédécesseurs et surtout Daumier, il venait de créer un genre personnel et nouveau de caricature : le portrait-charge. Gill sait admirablement comprendre et exprimer la physionomie générale de ses modèles, il ne se contente pas de détonner ou d’exagérer un ou deux traits, il voit le côté comique de l’ensemble : ses bonnes charges sont des portraits fort spirituels et fort ressemblants.

À l’issue de la guerre franco-prussienne et de la Commune de Paris, le succès d’André Gill dessinateur de presse semble s’émousser. Il se remet alors à la peinture, réalisant notamment l’enseigne d’un cabaret (qui devint ensuite le Lapin agile, puisque que le panneau représente un lapin dans une casserole, tenant une bouteille de vin) ; il s’essaie également à la poésie et au théâtre, mais sans grand succès.
En 1874, il propose une allégorie de la censure, Madame Anastasie, sans doute son dessin le plus connu aujourd’hui.

À l’âge de quarante ans, André Gill sombre dans la folie et doit être interné à plusieurs reprises ; c’est à Charenton qu’il décède le 1er mai 1885.

Œuvres liées

Documents associés

  • André Gill, « Nadar s’accrochant à un ballon »
    Caricature publiée dans La Lune, n° 65, 2 juin 1867.
    Source : Gallica.