Ancien presbytère de Meyrignac

Négatif de type gélatino-bromure sur plaque de verre, 13 × 18 cm.
Collection : Ville de Brive – Musée Labenche.

Ernest Rupin, Ancien presbytère de Meyrignac
Numérisation
© Ville de Brive - Musée Labenche

L’œuvre et le territoire

Ernest Rupin est le témoin du développement de la notion de patrimoine et de la pratique photographique, toutes les deux inventées au XIXe siècle. Il est d’ailleurs intéressant de voir combien le mode de représentation influence la pensée et inversement. Parce que l’idée de patrimoine précède de quelques années la pratique de la photographie, les images produites peuvent donc être analysées comme témoins du développement de son interprétation.

La première qualité reconnue à la photographie est la fidélité de rendu du procédé, le respect de la réalité du sujet. Ce premier atout convainc l’archéologie qui en fait rapidement un outil de relevé, indispensable aux campagnes de fouille. Pour ce qui est de l’inventaire du patrimoine monumental, le recours est plus lent. Il nécessitera d’ailleurs une organisation administrative active et c’est en 1851 que la Mission héliographique sera mandatée par la Commission des Monuments historiques pour réaliser un inventaire efficace du patrimoine français. Notons que cette même décennie, soit cinq ans après la naissance d’Ernest Rupin, voit apparaître également le travail documentaire d’Eugène Atget sur le vieux Paris.

Ernest Rupin n’est pas à la recherche d’une reconnaissance artistique. Conscient de la volatilité de cet idéal, il reste discret quant à sa photographie et ne prend jamais l’initiative de l’exposer. En revanche, on constate une grande sensibilité à la composition qu’il anime toujours de quelques figurants. Sa pratique de la peinture n’est certainement pas étrangère à l’organisation de chacun des clichés.

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