Le Prieur des pénitents rouges A raison de...

Élie Berthet, Le Prieur des pénitents rouges, E. Dentu, 1877, p. 267-268.

A raison de je ne sais quel privilège, accordé par je ne sais quel souverain, la congrégation des pénitents rouges devenait maîtresse du corps d’un supplicié, et aussitôt que le bourreau l’avait abandonné à son propre poids. Si le porte-bannière pouvait toucher avec la croix de la confrérie le patient encore suspendu à la corde, mort ou vivant, le condamné appartenait aux pénitents, la loi était considérée comme satisfaite. On comprend donc pourquoi on plaçait une force armée imposante entre les confrères et la potence ; c’était pour empêcher l’exercice d’un privilège qui avait sauvé bien des coupables. Aussi, les bonnes gens qui composaient la confrérie n’avaient-ils pas essayé depuis longtemps de faire valoir leur droit : ils se contentaient de recevoir, après l’exécution, le corps du patient pour lui rendre selon leurs statuts, le devoirs de la sépulture.

Élie Berthet, Le Prieur des pénitents rouges (A raison de...)

L’œuvre et le territoire

Élie Berthet présente ici le rôle que pouvait jouer l’ordre des pénitents rouges, à savoir sauver la vie des condamnés, privilège aux origines inconnues de l’auteur.

À propos de Le Prieur des pénitents rouges

Avec ce feuilleton que l’on pourrait qualifier de fable à la morale quelque peu discutable mais à l’ironie certaine, Élie Berthet donne à voir le Limoges du milieu du XVIIIe siècle et plus particulièrement cette place du marché, la place des Bancs, où est dressée la potence.
Publié dans Le Siècle en 1839, Le Prieur des pénitents rouges met en scène Jean-Baptiste Moranges, marchand bourgeois de la ville, prieur des pénitents rouges, ordre chargé d’assister les condamnés à mort, de les accompagner au lieu du supplice et de s’occuper de leur dépouille et qui pouvait également les sauver. C’est justement de cette « fonction » dont va bénéficier un « pauvre jeune homme » condamné pour un vol avec effraction qui a su toucher le prieur.

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