Le Vin des vendangeurs À l’Évêché...

Robert Margerit, Le Vin des vendangeurs, Éditions Colbert, 1946, p. 89.

© Luc Arrou, Marie-Paule Desmoutiers Menard

À l’Évêché, Adry et lui s’assirent sous les tilleuls, en face du bassin. Un vent léger faisait voler en brume le panache du jet d’eau. L’ancien palais des évêques élevait à leur droite sa façade noble et calme ; à leur gauche s’étendait la vallée de la Vienne que l’on voyait briller et se perdre entre la sinuosité des collines. Des enfants jouaient. La tour de la Cathédrale, montant au-dessus des berceaux d’arbres, était toute pâle de soleil ; et par-dessus le jardin, par-dessus la vallée, le ciel ouvrait un grand espace de fraîcheur.

D’un air vague et rêveur, sur un ton de confidence, Philippe parlait de son goût pour cet endroit, de Limoges, de lui-même. Il semblait livrer dans un élan de familiarité le plus secret de ses pensées, et amenait ainsi sa compagne à une identique réciprocité de sentiments, à des confessions, à des révélations.

Robert Margerit, Le Vin des vendangeurs (À l’Évêché...)
© Luc Arrou, Marie-Paule Desmoutiers Menard

À propos de Le Vin des vendangeurs

Bien qu’il soit paru en 1946, Le Vin des vendangeurs a été conçu et ébauché beaucoup plus tôt. Dans ce roman d’apprentissage qui se déroule à Limoges, l’accent est mis principalement sur deux jeunes étudiants qui cherchent leur voie, Sylvain Lazare dans la peinture et Philippe Mora dans l’écriture. On retrouve ainsi avec intérêt les deux facettes de Robert Margerit qui oscilla entre ces deux passions.
Parallèlement se poursuit leur « éducation du cœur et des sens » auprès de personnages féminins qui annoncent les romans à venir : la femme mûre, « païenne et intelligente », la jeune femme vénéneuse et exclusive, mais aussi la jeune fille encore candide qui promet un bonheur simple.

Bonus

  • Robert Margerit, Le pont Saint-Martial à Limoges
    © Luc Arrou, Marie-Paule Desmoutiers Menard

Localisation

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